Tiny House is my rêve poudré.

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Bonne Mère des anges, des quais et du St Frusquin. J’adore quand il fait un temps comme celui d’aujourd’hui, avec le ciel bleu bleu pour plafond de jeux, le soleil qui veille sur toi, joue avec ta crinière, accroche tes cils de lumière, presque avec tendresse et la brise tiède dans les feuilles de boulot qui les fait s’agiter doucement, si doucement que le grondement de la mer soudain semble tout près et non plus à des centaines de kilomètres, faisant comme rouler ses vagues d’écume jusqu’à ton nez. Le vent s’immisce dans les boucles brunes, te lave la tête au passage et plus rien alors n’a d’importance.

Chaque instant se suffit à lui même et paraît durer une éternité. Il n’y a que le silence, la légèreté de l’air, du soleil sur la peau, la voute plantaire piquetée d’herbes sèches, les abeilles, boules de pollen vivaces, duveteuses, qui s’accordent, infime ballet bourdonnant et rayé, noyant tes tympans… Il n’y a que le calme d’un après midi d’été, la douceur du temps passé au plus près de la terre et toi au milieu, ivre de mollesse, qui souris, alanguie sur ta chaise longue rondement fissurée, bonne à jeter à la benne mais qui tient quand même vaille que vaille, sur ses quatre fers rouillés.

Dis donc, dis, dis donc! Je voudrais bien passer le reste de ma vie ainsi: le cul dans l’herbe, à regarder pousser les fleurs sauvages et ma sérénité, sans me soucier du moment à venir, ou du loyer à payer et des saloperies de factures qui s’amoncellent, me condamnant à un éternel état de vache à lait. Je voudrais profiter seulement, jusqu’au trognon et au delà, profiter de tous mes sens, gonflant mon âme, instillant mon coeur d’instants de charme et de chien à l’instar de ceux-ci, dans l’oubli du monde et de ma vieille pomme rancie.

Mes rêves de vie ne tiennent plus désormais qu’en quelques lignes décousues: être mon propre Capitaine, faire des économies et dégoter un coin de nature pour me tremper les pieds de verdure, à loisir. Un charmant bout de prairie à l’herbe grasse, flanquée d’une bicoque dont je serais le Maître ultime et absolu. J’espère une maison bien à moi, même minuscule, même tenant dans une coquille de noix, ouverte sur un troupeau d’arbres et un océan de touffes verdâtres. Qu’importe au final la petitesse de la cabane, pourvu que j’aie point besoin de m’endetter, ou de verser ne serait-ce qu’un péculon de loyer. Pourvu que je ne passe pas ma misérable existence à la rembourser, à travailler comme un vieux ramoneur ougandais pour tout bien la payer.

(De ce fait Tiny House is my bonne fée. Tiny House was made for my trous de nez).

Je rêve d’un abri lilliputien avec un sacré quignon de jardin, où le regard se perdrait et se noierait d’espoir, sans barrières ni béton pour lui entraver l’horizon. Quelques bêtes de poils et de cornes, de l’amour, des barriques d’amour, une brochette d’amandiers aux branches fines, ployant sous les fruits verdis, le Roi de la Comté évidemment, du temps, du temps en pagaille pour faire la grande sauterelle dans les laitues et les ronces de framboisier, pieds nus, mèche au vent et rondelle enjouée; une terrasse de bois immense, les amis ricanant tout leur saoul, la famille autour, des couleurs tendres accrochées aux murs, des couleurs pastels, virant sur la « queue-de-petit-poney », faites pour se chauffer le gros orteil, le coeur et le jarret. De l’amour, de l’amour toujours, un quintal de bouquins, des traversins de dentelle, une dizaine de fenêtres jetées ça et là pour le repos de l’âme, de la musique, très forte, du fromage bien sec et qui pue, deux trois brassées (de boules de merdasse) de chips et…quelques billets verts pour un restaurant gourmand/croquant de temps en temps, un pique-nique de poutargue dans les champs, un vol en montgolfière ou la prise, impromptue, de chemins de traverse feuillus. Joufflus. Histoire de voir ce qu’il se passe de l’autre côté, tout près ou à des milliers de kilomètres de mon jardinet.

Comment que ce serait bien. Nom d’une grosse et grasse tripotée d’oursins. Avoir ma propre bicoque, travailler le moins possible, voyager, flaner et ne plus me soucier de rien.

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