Echange de mails non conventionnés.

3f37da5eebb9047e5c9ab1011379c498

Ai-je seulement pris le temps d’expliquer ici ce qui m’était arrivé cette année avec Mister Du Martin, éditeur de son état et parisien? Voui, non? Je veux dire nein? Mah yé né sais plous, yé souis peldoue.* Dans le doute, j’m’en va  rectifier cette commensurable erreur, votre Honneur.

Courant janvier, je recevais un mail du monsieur disant que mon roman l’avait fait rire (!!!) et qu’il fallait qu’on se parle de vive voix au téléphone. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je (vomissai avant son appel) pris ma plus belle voix, répondis par borborygmes d’ourse des tavernes tellement j’avais peur et l’écoutai me raconter, la pomme des dents dans les semelles, que mon pavé du « Roulio Fauche le poil » n’était pas si mal, mais qu’il y avait encore beaucoup de travail, que j’en faisais trop, qu’il fallait de ce fait sacrifier tout plein de pages et que peut être par la suite, le bouquin en question serait publiable. Mais rien de sûr au final.

Forte de cet échange et pétrie d’optimimse, je me mis bravement au travail**, ma chopine de café à mes côtés et raturais, scalpais, tondais tant que je le pouvais. Au mois de juillet, je lui renvoyais la bête ainsi dépenaillée.

En vain. Le Seigneur Du Martin n’en voulait toujours pas, arguant qu’il fallait encore couper, écorcer, peler, raser. Certes. Petite vérole et cataracte avérée. Je ravalai ma détresse, me remis bon gré mal gré à la tâche pour un énième travail de correction. Que je viens tout juste de finir la vérité. Et. Que je vais m’empresser de lui adresser/emballer, dans un joli paquet froufroutant de lumières et d’étincelles glacées.

*« Fais comme l’oiseauuuu! Ca vit d’air pur et d’eau fraîche, l’oiseauuuu! D’un peu de chasse et de pêche, l’oiseau! Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseauuuu! D’aller plus hauuuuuut! »

**Et ce, pour la 4886ème fois. Au bas mot. Car avant de faire du « coupe-coupe » pour le Sieur Du Martin, j’avais passé déjà  quelques trois ans à corriger ce saligaud de bouquin, d’où mon désespoir.

a515074647b86e0665db9f7149663766

OBJET: « Roulio Fauche le poil »,de sa vénérable fourrure d’hiver, délesté est.

« Cher monsieur Martin,

J’espère que vous allez bien-Tintin, que ma missive vous trouvera guilleret malgré l’actualité et impatient de faire la fête de fin d’année. Pour ma part, tout va bien, tout va très bien même, je suis heureuse d’être en vie, d’être ici et aujourd’hui, vive la vie, vive la folie, vive le houx et les conifères d’épines travestis, vive les présents que l’on s’offre gaiement le matin du 25, l’oeil pétri de poutignes et encore imbibé de la veille, vive…bref vous m’aurez comprise.

Bien bien bien. Alors voilà cher, oh très cher Saigneur Du Martin, éditeur de son état et parisien, j’ai enfin terminé mon travail de pelade. J’ai tout bien scalpé, rasé, épilé, ratiboisé, tout comme vous l’aviez préconisé. Je dirais même plus, mieux que ça la vérité, on ne peut pas Sainte Vierge des quais.

J’ajouterais, si après ça vous ne voulez pas de moi, si vous ne me préparez point le juteux contrat, gorgé d’euros et de gros lingots, c’est que je comprends pas. Nein nein, le Roulio… a comprendra pas.

Certes. Je vous laisse donc avec mon pavé qui n’en est plus vraiment un, qu’on dirait plus un manteau d’hermine après un bain de boue/doucereux passage au sèche linge-mixer/trois mois de randonnée en été dans les îles Maoré et vous souhaite une bonne, bonne lecture Monseigneur Du Martin!

Sur ce n’est ce pas, au revoir. Bien à vous, que la vie vous soit plus douce qu’un loukoum en bouche, noyeux Joël et tout le tralala.

Julia, l’ingrate face, la femme à barbe que voici, que voilà.

Au revoir. Et…BANZAIIIIIE!! »

8d670aa9945146ccf113866f07306627

Sauf que. Je n’ai bien évidemment pu résister à l’idée de lui faire une petite blague. A la place de mon manuscrit de plus de trois cents feuillets, voilà ce que le monsieur trouvera à la suite de l’habituelle page de présentation contenant mes noms/prénoms/adresse et tout le tintouin, lorsqu’il ira fureter dans les pièces jointes:

« Roulio Fauche le poil »

Ecrit par Julia le rat,

666 rue du vice et des délices

66 666 Antre de la bêêête cornue/fourchue.

Tél: 06-66-66-66-66.

« Maître Roulio, en ses griffes acérées,

Tenait un bouquin ès poilade.

Maître Du Martin,

Par l’odeur du gain alléché,

Lui tint à peu près cette tirade :

—Hé bonjour Madame Du Roulio !

Que vous êtes gracile ! Que vous me semblez rapporter gros !

Sans mentir, si vos salades se rapportent à vos boutades,

Vous êtes la Reine Mère des scribes de ce cloaque.

A ces mots le Roulio ne se sent pas de joie,

Ouvre de larges serres et…

S’empresse de signer le contrat.

(Ah oui alors putaing cong ! Poil au mamelon ! Il le signe oui, parce que c’est loin d’être un couillon !)

Et…

Il encaisse son chèque, plus gros et gras encore que ce qui végète sous le pagne de Don Diégo de la Vega. »

Tomber du rideau.

AU REVOIR.

giphy2

Je pensais bien sûr attendre sa réponse que j’imaginais toute en ricanements salaces et lui envoyer juste après mon vrai travail du vrai bouquin. Certes. Reste plus qu’à espérer qu’il ait de l’humour à revendre et que je ne sois pas allée trop loin dans le côté obscur de la blague et…bigre. Au revoir donc. Je vais maintenant me cacher la trogne sous une vieille taie d’oreiller, parce que j’ai sacrément honte, hé.

Priez pour moi pauvre farceur, car il se peut que ce soit mon heure.

Publicités

Laisser une tra-trace de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s