On prend les mêmes et on recommence.

39cdb454d286ddb26a07ebe327c98bd0

Bien.

Bien bien bien mon gros et gras lamantin, putride et traînant au sol son misérable rouleau d’instintincts. Il se peut finalement que le Seigneur Du Martin ait apprécié ma blagounette, comme il me l’avait fait savoir dans un précédent mail.

Vous me direz et vous aurez raison, c’est déjà ça mon Roulio, faire ricaner le grand Manitou des mots! Puis le 30 décembre aux aurores-si-Senor!, je reçus cette missive et c’est alors que ma joie se refroidissa de ce pas:

« Dame Julia,

Je me lance dans la lecture de votre vénérable texte, et je vois d’emblée qu’il reste assez dodu. Mon nez retroussé me fait deviner qu’il faudrait encore couper. Je verrais bien… mais en attendant la fin de cette nouvelle lecture, ne touchez plus au texte !
Graou.
Signé: le Seigneur Du Martin.
Editeur de son état et parisien. »
« Nez retroussé? »
« Il reste assez dodu »?
« Faudrait encore couper »?
« Couper? »
« COU-PER???! »
a4555aaf9c73524d28657633a2a7ebd0
AAAAAAHHHH!!! Mais…mais aaaaahh c’est pas possible ça, c’est pas croyable, c’est…Qu’èssy veut le saligaud, une saloperie de nouvelle avec rien à se mettre sous la pupille et sous les crocs? Une peau de chagrin de trois pages et quelques au bas mot?  TA MEME EN KILT SANS ELASTIQUE S’ADONNE AUX JOIES DE LA BROUETTE TANTRIQUE!  JE VAIS ME LE FUMER, JE VAIS LE DEPECER! JE VAIS ME LE BRAISER NU ET BOUFFI DERRIERE LES CYPRES! », râlai-je, tempêtai-je, pire qu’une poissonnière de Marseille apostrophant le touriste parisien, anémié en vitamine D et incapable de reconnaître une rascasse d’un encornet.
Le lendemain, je retrouvai un calme apparent, me pris la trogne entre les mains et tentai de rassembler mes pensées. Autant se rendre à l’évidence, me dis-je alors en aparté, la larme à l’oeil et le groin humide de douteuses liquidités: tout ça sent rondement mauvais.
maxresdefault
Il semblerait même que j’aie plus de chances de creuver la bouche ouverte après avoir dansé le french cancan à un récital de lecture des merveilles de la langue française, un justaucorps fluo sur la rondelle et sifflant un air du folklore ouzbek, que d’être publiée de mon vivant, comme c’est charmant.
Malgré tout, refusant de lâcher l’affaire, je pris mon courage à deux mains, bien décidée à défendre mon os à ronger. Mon valeureux bifteck rosé.

ordinateur

Here is un aperçu de ma façade altière tandis que je répondais à l’individu, tout en self control-contrôlé.

 

« Le 31 décembre 2016,

Cher Mister Du Martin,

Je vous écris ces quelques lignes entre le beurrage de deux toasts au chèvre frais (rapport au réveillon de ce soir) et une tasse de café fumant, que je lape comme si ma vie en dépendait.

Car la nuit fut pour ma part rondement agitée sur les côtés.

En effet voilà ty pas que dans les méandres de cette nuit glaciale et sans émois, je rêva.

Ah que oui, ah que pardi, ah que tous aux abris. Je rêva que j’imprimais une fois encore ce saligaud de bouquin (que je pouvons plus voir en peinture/fourrure), que je le reliais comme d’habitude pour l’envoyer aux éditeurs de l’édition cuivrée, sauf que cette fois, je dégainais mon valeureux couteau de bouchère/machette de sioux à crête et réduisais le tout en petit tas (de cendre) de joie, avant d’en piétiner les confettis épars et de beugler: « Et voilà mon précieux c’est tout coupé! C’est enfin ratiboisé! Y’a plus rien à scalper! Rien de rien, que du menu fretin Tintin! »

Ensuite? Eh bien ensuite je faisais trois fois le tour de moi-même, signe de mon affolement funeste et finissais au fond de mon lit, rondelle offerte et museau planqué sous les draps de satin gris, psalmodiant inlassablement un: « Et voilà c’est coupé, c’est bien tout fumé, c’est bigrement raté. »

Certes. Autant se rendre à l’évidence cher Seigneur Du Martin, je suis mauvaise, je suis mauvaise hein. C’est comme ça. Rien ne sert de raccourcir les feuillets, il faut stopper à point…

Malgré tout et dans un dernier sursaut d’espoir, étant de nature (vénale) bienheureuse, je vais patienter, croiser mes boudins d’orteils et ne plus toucher à la queue du Mickey* comme vous l’avez préconisé.

Je vous souhaite un doucereux soir du réveillon plein de froufrous à paillettes, de toasts à la crevette, d’explosions de pétards et de tubes d’Hervé Villard.

D’Herbert Léonard.

De Thierry Hazard, de… diable je suis à court de noms de chanteurs ringards, aux sonorités sonores sonnant en -ard.

Bien à vous,

Julia la bouchère/faiseuse de cervelas et autres chipolatas, qui ne sait de toute évidence aiguiser ses coutelas.

*Ou de la souris si vous préférez. »

92d8a47a34068d292ac2ac5da753c6c8

Sur le coup je m’étais dit que ce n’était pas si mal comme réponse, bien qu’à un moment je n’aie pu m’empêcher de m’auto-flageller comme d’habitude, mais comment dire, je suis plus très sûre maintenant.

Des nouvelles depuis ce message pitoyable? Aucune.

Voilà, voilà. Me griller toute seule une fois encore, telle une belle saucisse rôtie à vif, je viens de. Sérieux, mais qu’est ce que j’ai dans la peau du cul hein, hein, vous me le disez?

Oh Putaing. Oh allez, je reposte la vénérable photo du monsieur fatigué dans son fauteuil, linge sur la tête et attendant son trépas funeste, car c’est celle qui me représente le mieux à l’instant T.

Au revoir. A jamais, à… Au revoir.

malade-imaginaire

Publicités

Laisser une tra-trace de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s