Etat des lieux mon gros biquet au poil soyeux.

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La vie suit son cours, plus ou moins agitée sur les côtés, comme d’habitude je dirais. Teintée de moments d’espoir et d’autres, plus sombres, où rien ne semble aller. Je travaille beaucoup sur les marchés, (râle) dors l’après midi comme une vieille souche pour reposer mes membres fatigués, traîne mes guêtres dans le jardin à la recherche d’un filet de soleil, m’étends sur ma chaise de jardin à l’heure du goûter, plus ou moins hagarde, lis « Le Pouvoir du moment présent », d’Eckhart Tolle. Tente de m’imprégner de ces mots si sages, avec plus ou moins de succès. Réfléchis à la vie, à ce que je voudrais encore, à ce dont je me déferais bien, à jamais.

Je pose alors mon livre, m’étire les gambass un instant, quitte ma chaise de ieuv’ et cours dans l’herbe, pieds nus, à en perdre haleine, comme si ma vie en dépendait, Bilbot Sacquet dans mon sillage, poursuivant mes mollets et croquant l’air de sa mangeoire. Et on s’allonge tous deux et on roule sur le dos à même les brindilles, tels deux éléphants de mer hirsutes, repus. Le Sacquet s’efforce de mordre dans une mouche tsé tsé ou un gras bourdon aux ailes duveteuses, gorgées de pollen qui passait par là, en vain. Je ris, baille aux corneilles, me retourne, tends la main, avale une fraise des bois qui poussait par là.

Corrige pour la 82780704ème fois mon manuscrit qui puir, essaie de pallier à mes faiblesses stylistiques, n’y arrive point, gobe une lichette de porto pour le courage, éructe aux nuages, donne un coup de pied dans le tas de gravier, beugle ma rage, « Putain d’merde! », ferme les yeux, les rouvre tout à coup, comme mue par une idée géniale, reprends mon labeur, patiemment, le sourire aux lèvres. Certes mon beau chat. On est fou ou on ne l’est pas.

Je reluque aussi, l’âme en peine, les photos de M., si beau avec ses billes d’Agathe, ses traits finement ciselés, son diamant d’oreille luisant à l’objectif…Me délecte surtout de celle où il tire à moitié la langue, concentré sur une balle de basket au loin, tout à son match. Je me souviens de sa voix, chaude et rauque, de son sourire si doux, de ses yeux gris-bleus posés sur moi au détour de la conversation et je me sens fondre, et je me sens broyée de l’intérieur par des centaines de coutelas chauffés à blanc. Je suis toujours amoureuse et c’est (pathétique) bon. Et c’est l’enfer. Et c’est délicieux. Et ça me lacère.

Et c’est la vie Lili, compliquée, imparfaite, précieuse. Sublime?

 

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4 réflexions sur “Etat des lieux mon gros biquet au poil soyeux.

    • Future AVS 😉 j’ai fait 2 recrutements en juin et comme ils s’occupent d’abord des renouvellements, je dois attendre patiemment. Et la patience pour ça, c’est pas mon fort 😀 merci pour ton croisage de doigts ❤
      Plein de bonnes choses pour toi aussi 🙂

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