« Je vais bien, tout va bien…

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…je suis gaie, tout me plaît ». Et nom de Zeus, je n’ai même pas à me forcer un brin, comme Dany Boon dans son sketch du « K-way », pour le penser.

Voyez-vous, j’ai désormais une alliée et de poids: la pleine conscience. La mindfullness est mon dada. Ja. Elle n’est pas non plus devenue un art de vivre, loin de là, mais elle est une précieuse béquille sur laquelle je peux m’appuyer au quotidien*. Grâce à elle, la vie coule et je m’en satisfais. Ou du moins, j’apprends à le faire, pas à pas. Un peu comme enfant, qui s’entraîne à marcher. Je chancelle parfois, m’impatientant, titubant. Ivre de rage, je me prends alors soudain à tout envoyer balader et beugle dans la foulée: « Pitaing de pleine conscience de mes deux! J’t’en foutrais moi de la paix intérieure et des minutes passées dans le velours! Et! La doucereuse douceur d’un petit beurre, fourré de confiote en son coeur! »

Mais très vite, je me retiens à l’étoffe du rideau comme un petit gnome d’un an le fait pour ses premiers pas, trouve à nouveau mon équilibre. Et je repars. Et je recommence. « Centre toi sur le souffle, ô ma grasse jument au souffle exhalant les vapeurs fétides des égouts du Mans!, que je me dis, patiemment. Inspire, expire par le ventre, sans rien brusquer, une fois, deux fois, trois fois même, va. Ne pense qu’à cet instant, concentre toi ».

Et Bonne Mère, je dois bien avouer que ça marche. Le calme est là, de retour. Je reluque ce qui m’entoure d’un oeil neuf, sens les choses intensément. Tout est à sa place. Tout est plus profond, plus fort. Rien ne compte alors que ce moment, celui que je vis prestement et dont je peux presque, à force de concentration, toucher l’enveloppe du bout des doigts, tant je suis là, présente, maintenant et à cet endroit.

Sans rire, la pleine conscience, c’est quasi magique. Je dis quasi, car elle demande aussi beaucoup d’efforts, la trompe de falope. C’est une vraie discipline qu’il faut s’imposer, je dirais presque sans cesse. C’est en ça je pense, que ça peut paraître parfois usant. Mais ça en vaut le coup, mes gros loups.

*Par exemple, j’ai encore beaucoup de mal, voire énormément de mal à pratiquer à longueur de journée ce qu’on appelle la respiration ventrale**. Inspirer en gonflant le ventre, expirer en le laissant désenfler. Celle-ci ne me vient que lorsque j’en appelle à elle consciemment. Elle ne m’est pas (encore?) naturelle, bien au contraire. Mais j’ai bon espoir que ça viendra.

**Ah, on me souffle à l’oreillette que le mot est « abdominal. La respiration abdominale. »

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Blibliothèque magique sur la mindfullness pour les (trois pelés deux tondus) kunkuns que ça intéresse:

-Le pouvoir du moment présent, Eckhart Tolle.

-Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, Jon Kabat Zinn.

-Et aussi n’est ce pas, sur you tubi, les braves vidéos de Nassrine Reza.

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Au revoir les gens. Que la Paix en votre vénérable poudrier, soit. Coeur avec les doigts, toussa.

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Bonnet d’âne.

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Certes. L’heure est grave mes biquets. Car voyez-vous, j’ai bien peur que mes cours d’anglais se fassent de plus en plus lointains et fuyants et frelatés et… Vous me direz, c’est tout à fait normal Roulio, tu es en vie et donc de ce fait, tu vieillis, l’époque du lycée ne reverdit pas, elle se jaunit, tes exos es grammaire thatchérienne ont pris du cuby et patata et patati et…

Bref. Je me rends compte un peu plus de mon ignorance chaque jour*, dès lors qu’un « individus rosbeefus » s’arrête à mon stand de nippes sur le marché et que je (l’harcèle) m’enquiers dans sa langue de ses goûts vestimentaires. Pas plus tard que le mois dernier par exemple, j’avisai un grand rouquin et sa mère, quasi octogénaire, l’air aussi aimable qu’un Mélanchon devant un troupeau de partisans d’Emmanuel Gnafron, au congrès des joyeuses idées sur les différentes façons d’assassiner un patron.

La lady a erré une demi heure parmi les tutus turquoises et les corsages en lin, a fini par dégoter une robe à fleurs blanches qui allait irrémédiablement la changer, je le savais, en véritable bonbonne à gaz/montgolfière à moustaches et à anglais frisottis. Elle a disparu derrière le tipi nous servant de cabine d’essayage et je me suis trouvée comme deux ronds de flanc, à blablater comme je le pouvais avec le fiston. Celui-ci me dépassait bien de douze têtes** et acquiesçait sagement à tout ce que je lui baragouinais, ou presque. Encouragée par sa gentillesse, je lui tins un discours pugnace sur les trésors du Périgord, beuglant que « Sarlat the Canéda ize véri bioutifoule at thize période of l’année putaing cong« , que « the magrette of duck, c’était vachement bon » et que sais-je encore. Tout juste si je ne battais pas des ailes et poussais des coincoins pour me faire comprendre. Pathétaïque ma chérie.

Don’t you are a basketball man?, que je lui ai sorti à un moment avec un grand sourire, toute contente de ma phrase, digne selon moi à cet instant de figurer dans le prochain Beshrelle anglais-français, niveau 3ème.

Les yeux du gars se sont voilés tandis qu’il m’écoutait, puis son visage a très vite retrouvé un semblant de joyeusité. Nous avons continué à deviser comme si l’on s’était toujours connus, malgré le lointain de son Ecosse et le fin fion de mes calanques, marbrées d’orties piqueurs de cul et de rochers blancs, moussus. Tatie Danielle version « rosbeefus-ratatinus-aimablus-like-the-typhus » est sortie de la cabine, a reluqué sa croupe d’hippopotame dans le miroir (de poche) très beau qui sied à notre entreprise et a clairement présenté des signes de myopie, puisqu’elle a décrété en parlant de la nippe: « I take it. »

Ils ont payé, ramassé vite fait leur barda de sacs et de porte monnaie, je leur ai lancé mon sempiternel: » Haveu a goude daye! And goude holydayèze! » Et. J’ai tourné et retourné cette phrase dans mon cerveau de vermisseau, cinq bonnes minutes durant. « Don’t you are a basketball man », que je me suis répété en ma barbe vénérable et cendrée.« Y’a vraiment quelque chose qui cloche. Oui mais quoi? Don’t you are a basketball man. Don’t you are a baskettba…DON’T YOU ARE????!!!!

Mince alors. C’est ce qu’on appelle (crâner) se prendre pour la Papesse-poêtesse de la langue anglaise et retomber aussi sec de son piédestal, telle une brave merde. Bien sèche. Bien ignare et bien épaisse.

« Don’t you are a baskett ball man ».

 

#I-speak-english-like-a-spanish-cow.

#sij’auraissu, jem’auraistu.

#ignareandashamedofl’être.

#themagretteofduckizemeilleurmaillepréchiousse,ouizeabiguetrancheofpaing,andablockoffoiegrasputaing.

#coin!coincoincoin!coin!

*Surtout lorsqu’on répond « Sorry, I don’t speak french! » à ma phrase pourtant prononcée in english, ou qu’on rétorque à ma réflexion quelconque, sur le temps: « You see, the sun has gone! », un sublime: « Oh yes, my grand-son has gone, he’s at home! »

**En langage (exagéré) marseillais: 1,90 mètres.

La rentrée des claques.

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Depuis que j’ai quitté la fac il y  a près de quinze ans*, je prends chaque année un malin plaisir à suivre la rentrée des petits gniards et autres étudiants à la télé. Les moues boudeuses de certains me font glousser. Les voir traîner leurs cartables jusque sous le préau, la mèche dans l’oeil et des regrets pleins les naseaux m’abreuve d’une joie absolument mauvaise. Je me délecte comme on dit de l’idée que pour ma pomme, cette « chose » qu’on nomme école, est bel et bien du passé.

C’est mon petit côté sadique/diabolique/je suis malfaisante et ça me plaît.

Alors à chaque rentrée le matin, je sirote mon café, blottie dans mon fauteuil, semblable à une Tatie Danielle déchaînée, l’oeil rivé à l’écran et… je ricane doucement. « Bien fait! », dit une voix venue du fin fion de mon cervelet. « Biiiiiiiiiiien faiiiiiiiiiit! »

 

Post scrotum: Bon, ça me fend tout de même un peu aussi le coeur de voir certains pleurer des larmes de crocodiles alors qu’ils franchissent le portail de l’école…mais ça n’empêche que le sentiment premier de mauvaisitude est là.

 

*Quinze ans bordel de shit?!! Ahou! Tiens, prends toi ça dans les dents ma vieille jument à la croupe énorme et aux bas flancs pendants.

 

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Parfois j’aimerais changer de nom de famille comme ça, en un claquement de doigts. En douceur, sans faire de vagues, ni regarder en arrière, juste me défaire de ces deux syllabes qui me collent à la peau comme une mauvaise blague, quoi que je fasse et où que j’aille elles sont là, tristes sires garants de mon passé haï.

J’aimerais mais alors j’imagine le dialogue qui s’ensuivrait inévitablement entre l’employée de mairie et moi et…j’abdique, rentrant le cou jusque dans mes omoplates, léchant les traînées de sel me coulant des yeux.

-Bonjour madame, je voudrais sil vou plé changer de nom de famille, je ne le supporte plus, il me fait venir les vapeurs et le poil dru (à même mon rouleau du Porc Salut). Est ce que c’est possible?

-Bien sûr. Sachez toutefois que la procédure est longue et qu’elle ne peut se faire sans raison. Sans une bonne raison même. Vous vous devez de porter un nom ridicule ou…

-Ridicule…comme « Vandepute »?

Effarement soudain de sa « Majestée des bureliers ». Yeux ronds. Bouche en cul de poule, ouverte à tous les vents, laissant voir jusqu’à la moindre de ses fausses dents.

–Eh bien euh…oui oui, comme « Vandepute, » si vous voulez.

-Ou « Petitbou »? « Canarvolant »? « Du Cocudujoufflu »? « Sèchepine »?

-…

-« Melamet »? « Lepuant »? « Grosmollar…

-Oui, oui! Voilà, c’est ça, vous avez compris…vous…bon.

Soupir attestant du désespoir profond de la dame.

-Reprenons.

-C’est cela oui.

-Il faut donc que vous portiez un nom ridicule.

-C’est cela. Comme « Canardvolant ». Et « Monsalot ». Ou « Kakala ». Ou…

-Ou alors, il faut qu’il se soit passé quelque chose de grave.

-Ah.

-Oui.

-…

-…

-Et l’inceste, est ce que ça irait?

-Oh.

-Oui.

-Ecoutez, bien que je compatisse grandement ma p’tite dame, j’ai envie de vous dire: où sont les preuves? Où est le procès, où sont les plaintes, la paperasserie témoignant de ce qu’il s’est passé, les mains courantes et…

-Arf. Je vous remercie, bonne journée. Et bon vent madame.

 

Certes. J’y pense, j’ai le coeur qui se serre un brin et puis j’oublie comme on dit.

Jusqu’à la fois prochaine. C’est bien là que le bat blesse. Dommage qu’on ne soit pas au doucereux pays de Phoebe Buffay. Tout comme elle, je kiffe « Princesse Consuela Banana Hamac » la vérité.

 

Check up du jour, ô mon doucereux Seigneur drapé dans son jeté de velours.

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-Humeur: douce amère Bonne Mère.

-Niveau de flemme sur 10: 4.

(Bon d’accord 9,78).

(Vos gueules les mouettes).

-Poches trouées, sans le moindre billet vert pour tapisser ses pauvres vallées cotonnées et desséchées: 2.

-Nombre de pincements au coeur au cours des dernières 24h, à la seule pensée qu’à Marseille ils se dorent le trognon au soleil sur des murets de pierres sèches peuchère! et qu’ici, on se gèle les roustons: 19780704.

-Mail de Mister Du Martin à son Roulio-le-salaud: 1*.

-Mail du Saigneur Du Martin annonçant qu’il va éditer Roulio-le-vieux-veau tout de go: 0.**

-Ménage de printemps entamé en vue de fête d’anniversaire du week end: not check. Se référer à l’état de flemme.

Nombre de fois au cours des dernières 24h où:

  1. j’eus envie de taillader l’individu couillu, éditeur de son état et accessoirement (casse chose) parisien: 780407.
  2. j’eus la brillante idée de me servir de mes élans « martincides » et de lancer un nouveau produit apéritif à base de résidus de chair humaine, calcinée et déchiquetée par mes soins: 788207240304.

-Liste de cou-courses rédigée en vue de fiesta d’anniversaire: not check. Se référer au niveau de flemme larvaire ci dessu…oh et puis merde!

-Photo illustrant mon état proprement zombièsque avant (un bon coup de peigne) le premier café du matin et alors que je tentai de faire le point sur les tâches de la journée à mener : 1.

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Certes. Au revoir.

*Yes!

**Et merde!

La caravane des monstres. Evelyne Gratien.

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Aujourd’hui la vérité, un peu de pub pour Eve qui tient le blog  Cx Break et dinosaures et qui s’apprête à publier son premier roman.

!!!!!!!!!

Je n’ai pas lu le bouquin en question -son impression n’étant prévue qu’au mois de mai- mais je sais qu’elle a du talent à revendre et que sa plume est toujours piquante, pleine de drôlerie, vraiment très fluide et agréable.

Bref je suis bien contente pour elle (je n’imagine même pas l’état d’excitation dans lequel elle doit être) et je suis sûre que « La caravane des monstres » s’annonce comme un vrai bijou littéraire. Si vous souhaitez aider un tout jeune auteur et vous faire plaisir dans le même temps, voici sa campagne Ulule.

Au revoir et gloire aux méandres de l’internet, grâce auxquels on peut désormais se passer des éditeurs (casses bonbon) surannés, aux roupettes rondement atrophiées*!

*Rapport au fait que dans l’inconscient collectif, la taille des testicules est proportionnelle au niveau de courage d’un individu.

A apprendre par coeur Monseigneur?

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« La paresse est une valeur humaine qui est en train de disparaître. C’est fou ce qu’à notre époque les gens peuvent être actifs. Que quelques amis se réunissent le dimanche pour un bon déjeuner, à peine la dernière bouchée avalée, il se trouve toujours quelqu’un pour demander : « Alors.. ; Qu’est ce qu’on fait ?… »

Une espèce d’angoisse bouleverse ses traits, tant est grand son désir de faire quelque chose ; Et il insiste : « Qu’est ce qu’on fait ?

– Mais rien ! », Ai-je toujours envie de répondre… Pour l’amour de dieu, ne faisons rien. Restons un bon après midi sans rien fiche du tout. Ca ne suffit donc pas d’être avec de bons amis, de jouer à sentir cet invisible courant qui, dans le silence, règle les cœurs à la même cadence, de regarder le jour décroître sur les toits, sur la rivière, ou plus simplement sur le coin du trottoir ?

J’exagère sans doute. C’est que j’aime tant la paresse, mais la vraie paresse, consciente, intégrale, que je voudrais bien lui trouver toutes les bonnes vertus. Bien sur elle est comme toutes les bonnes choses, comme le vin, comme l’amour ; il faut la pratiquer avec modération. Mais croyez-moi, la terre ne tournerait pas moins rond si ses habitants avaient le courage de se forcer chaque semaine à rester quelques heures bien tranquilles, sans occupation apparente, à guetter les signaux invisibles et puissants que vous adresse le monde vaste et généreux. »

Jean Renoir
04/03/1937

Diantre, j’dis ça, j’dis rien mais c’était un bon ce Renoir. Est ce qu’il n’aurait point tout compris à la vie par hasard?

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J’aime…

(spécial nourriture).

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-le fromage de chèvre très sec et bien goûtu.

-les fèves, quand elles sont encore toutes jeunes, croquantes, avec ce petit goût sucré si caractéristique.

-les spaghettis pleins de jus de bisque et de carcasses d’écrevisses de mon amour de tatie Raisin, dont nous avons fait ripaille il y a peu, nous suçant les doigts jusqu’aux gles-on et léchant notre assiette tellement c’était bon.

-les oursins.

-la salade d’été kinoa/feta/lamelles d’ouagnon/vinaigrette au miel/baies roses.

-les burgers faits maison, dégoulinants de fromage fondu, napés d’un gros steak saignant.

-la poutargue.

-le couscous de ma brave mère, pétri de jus et de merguez.

-le boudin blanc.

-les cageots de poutargue.

-les noix/amandes/noisettes bien fraîches.

-la guimauve.

-la panna cotta à la vanille et le cheese cake moelleux, aérien qui fond en bouche et t’emmène direct aux cieux.

-les camions réfrigérés de poutargue.

-les vastes étendues de pignons de pin, dans lesquelles on peut fouiller à pleines mains et dont on se repait, goulument, sourire crétin sur le parchemin.

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Vendredi 17 février 2017: premier jour officiel du printemps.

Tellement il fait bon et beau, tellement c’est la première fois de l’année où qu’on peut enlever ses grôles, ses chaussettes (courir et braire dans l’herbe), virer son anorak à moumoute et son gros pullovaire.

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-Humeur du jour du Roulio: Mffrrrrpfff.

-Talent littéraire du Roulio: Grummffffpfff.

-Nouvelles mailesques du Saigneur Du Martin à son Roulio-le-salaud: Grrrrrrrrmf…oh!

Oh Bonne Mère, je t’en pose moi des questions sur le transit de ton colon? Attention hein, pasque je suis un fou moi! Oh chuis de Marseille! Et je crains dégun! Tu entends: dé-gun! Pas même le plus gros des pacoulins de Belsunce!

-Santé du compte courant du Roulio: Merdiq…Méfi mon chéri! Méfi! Ou je te tanne la peau du cul à grands coups de ceinture en cuir!

-Nombre de vénérables tartines de pâté de sanglier-wasabi + biscottes saupoudrées de chocolat aux pitits morceaux d’Oréos, englouties pour consoler le beignet du Roulio, au cours du goûter: 36. Si tu me lâches pas de suite la grappe, je vais te faire bouffer les coutures de ton manteau de vison, qu’après, t’en auras pour trois jours à caguer des pelotes de fourrure marrons, mon bichon.

-Idées de génie du Roulio pour pallier à son manque de style plumesque: Oh putaing, oh allez va, file et vite avant que je t’escagasse à mains nues et que je te fasse profiter de mon fouet ceinturesque en peau de truie!

Allez, sans rancune mon gars.

Mais décanille moi de là! Et plus vite que ça!

 Faut jamais poser les questions de la mort qui tue à un Roulio s’étant fait sournoisement voler sa dernière tartine et ce, par le mammifère humanoïde testiculé le plus fétide qui soit, compagnon à poils longs officiel de son édredon; j’ai nommé, l’Ogre Jéjé.

(Que si y repasse encore une fois devant moi avec son air innocent de Sainte-Nitouche-de-pas-y-toucher, je le fesse et le dézingue avec ma bienheureuse tapette à mouches tsé tsé. Pasqu’attention hein, chuis un fou moi! Oh chuis de Marseille! Chuis du Vieux Porc et de la Canebière! Chuis…Au revoir).

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Si j’ai bien appris quelque chose de toutes ces années passées à tenter d’enrayer les effets putrides de mon enfance, c’est que rien ne peut remplacer une bonne thérapie*. Absolument rien. La méditation n’est que du vent face à la douleur, un pansement d’air sur les plaies; la pleine conscience, un pet de nonne lancé à la trogne; l’auto persuasion**, de la poudre de perlimpinpin dans le crachin, un cataplasme d’eau fraîche qui caresse l’âme un instant et laisse en bouche un goût de cendre, une fois la bruine envolée.

Le mal est toujours là, tapi et n’attend qu’une chose, que tu te détournes une seconde de tes tentatives de mieux être pour planter à nouveau son aiguillon de fiel dans ta chair.

Tant que tu n’as pas pleinement accepté les mauvais traitements comme faisant partie intégrante de ton histoire, tant que tu ne les as pas regardés bien en face et…âprement digérés, mâchés et remâchés, on pourra bien te vendre du rêve, te rabattre les oreilles cent sept ans comme quoi il faudrait tenter ci, ci et ça pour aller mieux, qu’il faudrait peut être un jour arrêter de s’apitoyer, car c’est si loin tout ça maintenant et la vie est si courte voyons et le vaste monde n’attend pas, ça. Ne. Marchera pas.

 Même avec toute la meilleure volonté du monde, ça ne marchera pas. Car entre toi et la vraie vie, il y a « ça ». Ca qui te bouffe jusqu’à la moelle et te cache à la lumière, ça qui te condamne à la survie, triste guenille en peau humaine tordant ses chiffons de misère, quêtant une infime accalmie; en vain.

La tête et le corps se révolteront invariablement, quoi qu’on en dise. Et les fantômes jaunis reviendront te hanter, faisant claquer aveuglement leurs chaines du malheur, psalmodiant un sempiternel: »tu es rondement prisonnier mon biquet, tu es fait comme un rat musqué. Vois comme ta volonté ploie sous nos doigts et comme nous pouvons faire de toi ce qu’il nous plaît, bloc terne de pâte à modeler boursouflée. »

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*Ou un gros travail sur soi du moins. Même si je pense, mais encore une fois ça n’est que mon humble avis, qu’il doit vraiment être compliqué et difficile de s’en sortir seul, sans aide extérieure…

**A base de « je vais bien, tout va bien, je suis gai, tout me plait », entre autres.