5060eeba554cdbfb0e7f3aecd93aa4ad

Vendredi 17 février 2017: premier jour officiel du printemps.

Tellement il fait bon et beau, tellement c’est la première fois de l’année où qu’on peut enlever ses grôles, ses chaussettes (courir et braire dans l’herbe), virer son anorak à moumoute et son gros pullovaire.

Publicités

e9373b59e89b6b2685d85a551572b177

-Humeur du jour du Roulio: Mffrrrrpfff.

-Talent littéraire du Roulio: Grummffffpfff.

-Nouvelles mailesques du Saigneur Du Martin à son Roulio-le-salaud: Grrrrrrrrmf…oh!

Oh Bonne Mère, je t’en pose moi des questions sur le transit de ton colon? Attention hein, pasque je suis un fou moi! Oh chuis de Marseille! Et je crains dégun! Tu entends: dé-gun! Pas même le plus gros des pacoulins de Belsunce!

-Santé du compte courant du Roulio: Merdiq…Méfi mon chéri! Méfi! Ou je te tanne la peau du cul à grands coups de ceinture en cuir!

-Nombre de vénérables tartines de pâté de sanglier-wasabi + biscottes saupoudrées de chocolat aux pitits morceaux d’Oréos, englouties pour consoler le beignet du Roulio, au cours du goûter: 36. Si tu me lâches pas de suite la grappe, je vais te faire bouffer les coutures de ton manteau de vison, qu’après, t’en auras pour trois jours à caguer des pelotes de fourrure marrons, mon bichon.

-Idées de génie du Roulio pour pallier à son manque de style plumesque: Oh putaing, oh allez va, file et vite avant que je t’escagasse à mains nues et que je te fasse profiter de mon fouet ceinturesque en peau de truie!

Allez, sans rancune mon gars.

Mais décanille moi de là! Et plus vite que ça!

 Faut jamais poser les questions de la mort qui tue à un Roulio s’étant fait sournoisement voler sa dernière tartine et ce, par le mammifère humanoïde testiculé le plus fétide qui soit, compagnon à poils longs officiel de son édredon; j’ai nommé, l’Ogre Jéjé.

(Que si y repasse encore une fois devant moi avec son air innocent de Sainte-Nitouche-de-pas-y-toucher, je le fesse et le dézingue avec ma bienheureuse tapette à mouches tsé tsé. Pasqu’attention hein, chuis un fou moi! Oh chuis de Marseille! Chuis du Vieux Porc et de la Canebière! Chuis…Au revoir).

d1519e5a169262cabbf16c3bd8f362b9

6c6970ac054d364303f83a8f253642c3

Si j’ai bien appris quelque chose de toutes ces années passées à tenter d’enrayer les effets putrides de mon enfance, c’est que rien ne peut remplacer une bonne thérapie*. Absolument rien. La méditation n’est que du vent face à la douleur, un pansement d’air sur les plaies; la pleine conscience, un pet de nonne lancé à la trogne; l’auto persuasion**, de la poudre de perlimpinpin dans le crachin, un cataplasme d’eau fraîche qui caresse l’âme un instant et laisse en bouche un goût de cendre, une fois la bruine envolée.

Le mal est toujours là, tapi et n’attend qu’une chose, que tu te détournes une seconde de tes tentatives de mieux être pour planter à nouveau son aiguillon de fiel dans ta chair.

Tant que tu n’as pas pleinement accepté les mauvais traitements comme faisant partie intégrante de ton histoire, tant que tu ne les as pas regardés bien en face et…âprement digérés, mâchés et remâchés, on pourra bien te vendre du rêve, te rabattre les oreilles cent sept ans comme quoi il faudrait tenter ci, ci et ça pour aller mieux, qu’il faudrait peut être un jour arrêter de s’apitoyer, car c’est si loin tout ça maintenant et la vie est si courte voyons et le vaste monde n’attend pas, ça. Ne. Marchera pas.

 Même avec toute la meilleure volonté du monde, ça ne marchera pas. Car entre toi et la vraie vie, il y a « ça ». Ca qui te bouffe jusqu’à la moelle et te cache à la lumière, ça qui te condamne à la survie, triste guenille en peau humaine tordant ses chiffons de misère, quêtant une infime accalmie; en vain.

La tête et le corps se révolteront invariablement, quoi qu’on en dise. Et les fantômes jaunis reviendront te hanter, faisant claquer aveuglement leurs chaines du malheur, psalmodiant un sempiternel: »tu es rondement prisonnier mon biquet, tu es fait comme un rat musqué. Vois comme ta volonté ploie sous nos doigts et comme nous pouvons faire de toi ce qu’il nous plaît, bloc terne de pâte à modeler boursouflée. »

b17a1a91f685c88ef98669850d5b6049

*Ou un gros travail sur soi du moins. Même si je pense, mais encore une fois ça n’est que mon humble avis, qu’il doit vraiment être compliqué et difficile de s’en sortir seul, sans aide extérieure…

**A base de « je vais bien, tout va bien, je suis gai, tout me plait », entre autres.

Rêve de vie.

3f6dd967d59e98d4b9819ea08bb9e429

Les piaules minuscules, dites « Tiny House » en anglais me font baver d’envie. Je rêve un jour de fendre mon bas de laine joufflu et de m’en payer une, sans pour cela faire de crédit (ou alors un tout petit) et…être peinarde le reste de ma vie. Plus de loyer, ni de factures d’énergie salées à payer. Car qui dit petit espace bien isolé, dit facture lilliputienne d’électricité et de chauffage à s’acquitter-ô-ma-grasse-brebis-aux-cornes-délicatement-sculptées.

Vivre dans une maison pour Hobbits ne me fait pas peur, ou si peu. Non* ce qui m’effraie plutôt c’est de passer les trois quarts de mon budget mensuel dans mon terrier en loyer, taxe d’habitation, eau, gaz et électricité; et de me trouver ensuite comme un gros cul terreux, avec seulement 50€ par semaine pour manger à deux, au risque de faire des dettes. Et donc n’ayons point peur des mots, à bouffer de la merde. Voilà ce qui me fait enrager, sourcils froncés, écume aux lèvres gercées**.

Bref. En attendant que mon bas de soie se garnisse doucement mon précieux, je bave, gueule rondement ouverte et rêve, éveillée.

(Et puis, vu que la cabane est pourvue de roulettes, peut être pourrais-je aussi partir vivre n’importe où, où bon me semblera, faire le tour de la planète, le vent pour seule balise, bille en tête.)

Au revoir.

*Je veux dire nein.

**Attention hein, je mesure bien toute la chance que j’ai d’avoir un abri, simplement je suis fatiguée de ne payer « que » pour cette finalité là, au détriment de tout le reste; ce qui fait en définitive le sel et le suc de la vie: nourriture de qualité, sorties, voyages, découvertes en veux-tu en voilà-mon-beau-rat.

1bb99bdffa582e1fc40b258b80f16756

Déçue + fourbue= poussée de poils (blancs) au cul.

mr-bean-wtf.gif

Comme je vis avec très peu d’oseille, je n’ai pas pour habitude salace d’acheter des fanfreluches et me faire plaisir outre mesure. En fait, c’est même très rare par exemple que je fasse les soldes.

Alors quand ça arrive, je ne suis que joie. Même si quelque part, je trouve ça réconfortant au final d’être restreinte au niveau des pépettes. Il se pourrait même que ce soit un fabuleux garde fou. Le manque appelle irrémédiablement l’envie et décuple ainsi l’exaltation lors de tes achats succincts. Tu n’es alors jamais blasée, tout est gai alentour et tout (ou presque) te plaît.

Certes. C’est ainsi que la semaine dernière, armée de gros billets, je m’empressai de commander sur internet une ribambelle de robes affriolantes, ainsi qu’un sac à mains rose tendre, tout de cuir tendu; amour de sac pour lequel je m’étais tout de suite pâmée, bave aux lèvres et coeur galopant tel un chevaux de course sans son jockey.

L’une des robes, parfaite, était en fine toile de dentelle auburn, tombant délicatement sur le mollet, les autres semblaient taillées dans le coton le plus doux, de vraies merveilles. Le sac avait l’air d’une petite guimauve poudrée, un bonbon de sac que je me voyais déjà trimballer partout à mon cou, affublée (comme l’as de pique) de mes robes froufroutantes, ondoyant à la lumière, légère comme un boyaux d’andouillette.

Mais ça, c’était avant d’accueillir la camelote en ma bicoque. Car sur l’internet les photos, les formes et les couleurs sont rondement trompeuses, je viens de l’apprendre à mes dépens. On dirait même que c’est le jour et la nuit. L’auburn se change en violet fluo du plus vulgaire, le coton en une matière synthétique informe, froissable à souhait, qu’on dirait que t’as enfilé le drapé d’un parachute usé.

Le  rose tendre-cul-de-bébé-poudré du sac qui t’émoustillait le tété ne se révèle être qu’un lie de vin fané insipide, te donnant l’air d’une mémé portant son cabas au bras, en route pour le marché.

Bref mon précieux, lorsque je réceptionna les denrées, ce fut loin d’être la panacée.

Preuve à l’appui:

117d06f8a7d1f65fff3fa35720388916

Roulio le salaud avant de recevoir son colis.

51c68db05eeef2147505973d7860c6c3

Roulio le salaud après avoir étalé les saloperies défraichies tout autour de lui.

Je pense qu’on ne m’y prendra pas de sitôt. Je préfère de loin palper la grasse marchandise dans les magasins et la voir de mes yeux vus, plutôt que de trépigner des jours durant dans l’attente de mon cadeau-qui-paraît-si-beau-sur-la-photo, pour en définitive être déçue/fourbue/pétrie de cheveux (et de poils) blancs à même le rouleau d’alu.

Bon. Ou alors à partir de maintenant, je n’achèterai plus que des sweet shirts à messages drôlatiques qui ne risqueront pas de me faire choir de désespoir. Parce que comment dire, c’est quasi mission impossible d’être déçu par un simple pullovaire, non? Je veux dire, nein? Y’a rien de plus basique qu’un tricot de porque.

                                                               #caca-facebook-smiley-emoticone-poopcaca-facebook-smiley-emoticone-poop

Douceur des mots.

1343586afe1349e4c6ebed3c91352647

J’ai trouvé cette définition de la brune que j’aime beaucoup, alors je la poste là, comme ça,  en passant:

« Ce mot, aujourd’hui peu usité, marque le passage subtil du jour à la nuit, du bruit de nos vies au silence du soir, de l’agitation du quotidien au repli sur soi. La brune est sûrement un de ces moments propices à la solitude et au plaisir de la lecture. Le livre peut s’ouvrir quand la lumière du jour décline. »

Un dimanche comme un autre, mon pote.

-Humeur du jour:  135b0342f4eb0812d5ea3124a5d8d5a3

Nan, j’déconne.

-Véritable humeur du jour:

af8d8955159b6700d331ae18493fa38f

-Projet du jourf33bec34e58d63468cdf627527697f21

C’est cela oui. Je me gausse mon doucereux merlan frit, j’en faisons pipi dans ma culotte gris souris, je…Haha quoi. Dame Yogi, Dame Yoga, sortez de ce gros corps, quoi. Vous. Ne. Passerez. PAS!!!

-Projet du jour véridique et véritable:

5710ebc8b6ecc4f3c65bc24ccbd3aaab

– Vue de ma fenêtre vénérable:

50a5f7415591688035fabe273b6e76c7

-Bon d’accord. Véritable vue de-qu’est-ce-que-j’ai-réellement-sous-mes-yeux-vus:

58698032

-Comestibles que je vais prestement me mettre sous la dent au repas du soir, mon gros loubard:

ea3a5961f8eaac6926bc4aae44bf6a89

(Entrée.)

dinde-farcie-aux-marrons

(Plat).

c230d97a43ecb25130149864844115fa

(Dessert, mon brave cerbère).

-Ok ok ok, j’abdique. Vénérable plat dont je vais très certainement me délecter, l’oeil torve et dégouté, entre une bouchée de pain rassi misérable et un verre d’eau assaisonné à…au rien du tout, mon loup garou:

 

pates-au-micro-onde-0

Certes. Ceci était un message de la confrérie des « Roulio mécontents de leur sort et se lamentant, rêvant leur vie au lieu de l’affronter dignement ».

En vous remerkiant. Au revoir.

2017-Maître Yoda’s commandements, mon sacripant.

36299972

-de tout faire à la dernière minute, tu cesseras. (Parce qu’ensuite, tu te changes en gros dragon furibard, de la fumée noire comme des petits bouts de charbon éthérés te sortant de la mangeoire, des trous de nez et du périnée. Prise par le temps et stressée comme une anguille sous le joug de Maïté, des cuisines sa Majesté, tu fronces alors des sourcils, ta vénérable ride du lion se creusant, se creusant, se creusant. Alors nein. Point faire passer le plisir avant les corvées, tu ne feras).

-un brin de yoga chaque jour, tu feras.

-ainsi qu’un poil de méditation, bonne pour ta sanguine circulation (et ton caractère de cochon).

-le magasine « Flow », quelle que soit l’oseille dans ton joyeux porte monnaie, tu t’offriras.

-beaucoup de l’eau claire, tu boivras.

-les choses bonnasses qui te sont arrivées dans la journée, précieusement dans ton agenda rose pâle tu noteras.

-à vivre l’instant présent, rondement (et à ton rythme), tu apprendras.

-comme ça, cela suffira.

-oh ja, oh ja. Si tu suis ces quelques préceptes, la tranquillité de l’âme et son copain le bonheur, certainement tu trouveras.

Signé: ton vieux poteau le Yoda. Alléluïa. Que la Fo-force avec toi, avec vous tous, soit.

Au revoir.

 

75435dcad87de4f928fa3669bd5b7f949a9037fdfe059f98a0ce23e1e3907eb38220ac7a4f80011738905bbf772f34bd13_h67u4

Certes.

b7e853bc1635c884e3701e4918fbe74d4e05c11e85724

Ce moment où tu réalises que t’as sacrément pris de la bouteille*, quand tu mates nonchalamment un épisode de Columbo** et que tu te dis ma foi que l’homme à l’écran est point si mal finalement et que tu ferais bien du frotti-frotta à la peau de son manteau.

Alors que. Ne nous voilons pas la face hein, depuis que t’es un poivron en jupon, t’as toujours considéré l’énergumène aux imperméables improbables comme LE représentant officiel des brontosaures-et-autres-troupeaux-de-brachiosaures, rapport à sa décrépitude et à sa « ringarde touch du perméable pas portable ».

En vous remerciant.

*Une fois de plus, ô mon doucereux amateur de Porc Salut (c’est écrit dessus).

**Le seul fait même de reluquer un épisode de Columbo (et de prendre son pied) induit chez tout un chacun un âge pour le moins avancé.

Je jure solennellement (que mes intentions sont mauvaises) que…

…je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Ca non. Je veux dire nein. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Plus toute seule, plus, plus, plus. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Plus toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Plus jamais, jamais. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule, ça c’est sûr oh mon doucereux Ben Hur. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule, vous entendez, PLUS JA-MAIS. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule, au risque de ressembler à peu de choses près* à ça (le fou-fouillon latin, rondouillard et bombé en moins) :

10-651205798

Parce qu’après hein, merci bien, l’Ogre Jéjé il ricane à chaque fois qu’il me voit, faisant tressauter sa bedaine et me montrant du doigt, moi je chouine de grosses larmes amères de trépas dès lors que j’aperçois mon reflet à travers la ce-gla, alors…Nein que je me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Je ne me couperai plus jamais les cheveux toute seule. Et maintenant Bonne Mère. Je . Vous. Laisse. Parce que je suis fatiguée. Non. Je veux dire nein. En fait je me fatigue toute seule.

Au revoir.

malade-imaginaire

*Bon d’accord, j’exagère un peu beaucoup. Mais ne l’oubliez pas, je suis de l’Estaque-gare, arrondissement de Marseille, peuchère.

Bonheurs minuscules.

0574ae344aabd9361b615f07b19b86e3J’aime:

-étaler ma crème à l’amande douce sur ma trogne avant d’aller me cher-cou sur le té-cô et sentir le sucre glace, la pâte à gâteau, la poudre vanillée à même les joues-mon-gros-loup. Avoir ainsi la ganache toute apaisée, bien hydratée, prête à se rouler dans la volupté des draps frais.

-être un peu débraillée, décoiffée, comme surgissant rondement (d’un asile) d’une guirlande de fougères ou d’un buisson d’épines amères.

-faire la sieste, un bouquin près de mon oreille, le Sacquet posé sur moi et régler ma respiration sur la sienne. L’entendre ronfler tandis que ses côtes se soulèvent et s’abaissent sous ma main, imperceptiblement, sereinement. Fermer les paupières, profiter du moment-présent-mon-vieux-brigand. Faire un brave vœu, accessoirement.

-les couleurs pastels qui changent tout ce qu’elles touchent en grosse guimauve lardée de douceur, autrement réconfortante pour les yeux et le coeur.

– la mousse qui s’infiltre partout malgré la morsure de l’hiver, se faufile et perce le bitume de ses fines pousses verdâtres, dessinant de grandes rigoles joufflues sur les trottoirs.

-cet instant où le ciel se pare lentement de gris puis de bleu nuit au crépuscule, où le silence se fait soudain et où tout semble alors possible: l’afflux de la magie, des chats noirs le cul en trompette, ramenant leur fraise pour que la fête soit complète, des licornes parsemant leur route de crottin luminescent, plein de paillettes et de vers luisants, l’arrivée d’Harry et sa baguette et autre pluie d’étoiles filantes, annonciatrices de féerie, de croissant de lune en demi teinte. Croiser les doigts pour que le troupeau enchanteur se pointe vraiment à ma fenêtre.

-faire infuser un sachet de « pisse mémé » saveur menthe-réglisse lorsqu’il fait bien noir, avant de laisser le breuvage fumant me tapisser la glotte et fondre doucement sur mes papilles, ivres de béatitude. Salace. Et. délicate.

-sentir que je succombe irrésistiblement au sommeil, frange brune sur le traversin et que ma nuit sera (peuplée d’éléphants roses) bien bonne.

21da12ed36bc2201753d02270c2dea77

Et vous mes gras biquets, quels sont donc les bonheurs vous faisant friser le jonc et le jarret?

Canine balade.

3f5f92b6d7ff988f7c185cdd52df3189

Tous les jours pendant une heure environ, sauf cas de force majeure* ou de maladie ténébreuse me clouant sur mon futon, je promène sagement le Sacquet. Pour le bien de son cochonnet et de sa morale gaieté, je m’arme de courage, saucissonne la bête de son gros harnais, y sangle la laisse et nous voilà partis de par les rues (nous geler le cul).

Au fil du temps les ‘ienchs du quartier se sont faits les balises vivantes de notre marche quotidienne. La liste des canidés à l’affût derrière leur bout de portail et qui aboient goulûment à notre passage est longue. Si la plupart se contentent de nous déverser leur bile à la truffe, marquant ainsi leur territoire, il y en a quelques uns qui sortent du lot et me font rire à tous les coups. Voyez plutôt.

Sur notre route, nous croisons tout d’abord le Scottish et  le vénérable Jack Russel qui se charclent incessamment le poil à notre approche. Je leur ai même trouvé des petits noms de chevet, preuve de ma formidable affection: « La Serpillère » et « La Sauçaïsse. »

C’est toujours la même chose: le Roi de la Comté et moi nous avançons vers leur jardinet clopin clopant. « La Serpillère », noire de jais, une touffe de poils filasses lui mangeant les globes oculaires, ramène ses guêtre en gueulant comme un putois, pisse contre la clôture. Le Sacquet renifle aussitôt le jet ainsi déversé, couine tel un goret, souille le grillage à son tour. Quelques secondes se passent et voilà « La Sauçaïsse » qui débarque sur ces entrefaites, traînant sa large bedaine, larynx hurlant. Elle se plante près de son compère, avant d’uriner elle aussi et de lui mordre férocement les naseaux. S’ensuit alors un véritable combat de chefs, digne des plus grandes scènes guerrières.

« La Serpillère » réplique par un coup de crocs bien senti sur la jugulaire de son collègue tandis que le Sacquet, imperturbable, répand son urine une fois de plus au nez et à la barbe des canidés, lesquels sont bien trop occupés à se taillader la frite, grognant, montrant les dents, pour s’en offusquer. Nous nous taillons fissa, ricanant telles des oies. Et. Laissons les deux monstres se bouffer les foies.

Vient ensuite le cabot ayant pour habitude de descendre les escaliers de sa terrasse à toute berzingue lorsqu’il nous aperçoit, avant de poser les pattes sur son muret de pierres et d’hurler à la lune tel un loup garou malade d’amour, museau au ciel et gueule rondement ouverte, comme si un orage allait soudain crever les nuages ou si nous étions  deux jambonneaux à l’os vivants.

-Ahouuuuuu! Aahouuuu!, fait le clebs jusqu’à ce que nous ne soyons plus qu’une paire de points infimes au loin.

Il y a aussi le Boxer qui saute en l’air tout le long de sa muraille pour essayer de nous croiser le regard et qui ne réussit à chaque fois qu’à passer la tronche au delà de son parapet. Le temps que nous dépassions le pare feu de sa maisonnée, on a bien vu sa trogne une dizaine de fois surgir des affres du néant, nous saluer et retomber tout de go telle une belle merde sur son lit. De papier hygiénique blanc.

Certes. Mais mon bâtard préféré reste sans conteste celui que j’ai habilement surnommé « Le Pignon de pin », chihuahua o combien minuscule qui est arrivé je ne sais comment, à brouter la haie de son jardin pour s’en faire un trou dans lequel il passe tout juste sa tête et aboie, se prenant ainsi pour le roi, la verdure faisant comme une crinière vaporeuse autour de son cerveau de vermisseau. De là où nous sommes, nous ne voyons alors qu’un mur de feuilles verdoyantes, frétillantes et une binette de chien aussi grosse qu’une tête d’épingle qui couine, s’agite à la lumière comme un hareng saur, si Senor.

Bigre. Voilà donc les bêtes qui n’ont de cesse de me mettre en joie.

*La flemme est assurément un cas de force majeure. La pluie, les coulées de boue aussi. Les glissements de terrains, l’avènement des sorcières de Salem et autres zombies sur mon chemin, les…Oh putaing voui, oh putaing ouh. Qu’èssy m’a donc pris de prendre sous mon aile ce salopard de toutou.

526103e448ed67a66ddfa06e6c2bb724

« Et maintenant Blaze…plaignez moi. »

41efb310af74e7c9dd9e024dca437a72

Gri-grippe: 2 – Roulio: 0.

-Mode « avachissement intégral sur canap' »: rondement activé.

-Nombre de fois où je geigna: « Je vais mourir », au cours des dernières vingt quatre heures, langue pendante et oeils fous: 19780704*.

-Nombre de kleenex utilisés au cours des cinq dernières heures: 5384.

-Haut degré d’état de délabrement avancé: pleinement atteint-Tintin.

-Nombre de jours passés en mode pouilleux du dimanche, consistant à me déplacer en rampant à même le sol (à cause de la fièvre), tel un lombric en peignoir-noir/moumoute de cheveux filasses/grosses chaussettes de vieille et psalmodiant un « Je vais creuver » languissant tous les deux mètres: 3.

-Oeils: proprement torves. Et fous. Et semblant dire à tout instant: « Je vais mourir! Je vais me noyer dans mes glaires bien chargées et ne plus jamais me dresser des effluves de mon cou-couche panier! Olé! »

-Nombre de fois où j’implora l’Ogre Jéjé: « Sil vou plé! Apporte moi un mouchoir en papier, o mon homme des tavernes si musclé! Si endimanché et plein de sève testostéronée! Donne moi le paquet car vois-tu, la Force m’a instamment désertée! Elle me pète au nez, la trompe de Falope faisandée! Maître Yoda lui même m’a abandonnée et ne veut plus être mon allié! Sil vou plé, sil vou…Merci. Ah et si tu voulais bien au passage me per-cho aussi la grosse cuillère à sirop, le flacon-pas-bon-à-sirop et me préparer dans le même temps un grog bien chaud, me caresser la frange car (je vais bientôt mourir) je suis très malheureuse, ça serait vraiment épatant, o mon gros canard blanc »: 8.

Bon d’accord 3586.

-Nombre de fois où Jéjé sembla à deux doigts de me pulvériser l’enveloppe au sens propre du terme et prendre ainsi mon cul pour un tambour de guerre: 82780403.

-Nombre de fois où à la place il leva les yeux au ciel, souffla, râla ET s’empressa de faire tout-qu’est-ce-que-je-lui-avais-ordonné : 82780403**.

-Nombre de minutes nécessaires à la rédaction de ce post-qui-pue compte tenu de ma fièvre de canasson: 85. Et deux secondes.

Bonne Mère et sur ce, je vous laisse, parce que…je vais vénérablement creuver. Gueule ouverte et offerte à toutes les hordes de mouches tsé tsé.

Au revoir. Rendez-vous dans l’au delà, o mes lecteurs aussi doux que du miel d’acacia.

*Ich bine eine drès bauvaizeu baladeu, ja.

**Diable. Même rendue sur le pas de porte de la Mort, l’homme a vraisemblablement encore peur de moi. Haha.

3b7b7a24d9c1b33f1a0fb20cc231760d